Source Yahoo F1 :
GP d'Italie - McLaren ou la peur du vide
Eurosport - dim., 09 sept. 20:49:00 2007
Les larmes de Ron Dennis et l'hommage de Lewis Hamilton ont montré dimanche, à Monza, que McLaren était bien à la croisée de chemin.
Alonso dans la tourmente
Dennis mis en cause
Qui étaient les forts et qui étaient les faibles, à Monza ? L'émotion débordante de larmes de Ron Dennis, dimanche, à l'arrivée du Grand Prix d'Italie, traduisait bien l'ambigüité dans laquelle baigne actuellement la Formule 1, et son écurie surtout. Après le doublé signé par Fernando Alonso et Lewis Hamilton, le quatrième de la saison, le PD-G de McLaren Group s'est laissé envahir par le trop plein déjà soupçonnable samedi, lors d'une conférence de presse, après que la justice italienne eut répandu sa mise en cause, parmi six autres personnes sous enquête, dans l'affaire d'espionnage Stepney/Coughlan.
Au baissé du drapeau, le fier patron anglais n'a pas résisté à la charge émotionnelle d'une course parfaitement dirigée sur le territoire du plaignant, Ferrari, qui pourrait très vite apparaître comme le grand gagnant de 2007. Dennis a le port habituellement altier, mais là, il n'a pu faire autrement que courber sa peine sur l'épaule de son épouse, peut-être jamais autant visible sur les scènes de grands prix qu'en ces interminables semaines de tourments.
Fernando Alonso a contrôlé sans peine son second Lewis Hamilton sur 53 tours, et plus encore les Ferrari de Felipe Massa et Kimi Räikkönen, remettant à plus tard le 200e triomphe rouge. Mais McLaren a bien affiché ce week-end une solidité de circonstances... L'écurie qui a dominé la Scuderia reste accusée d'avoir caché depuis le début de la saison la possession, avérée pour au moins l'un de ses employés, Mike Coughlan, des plans de l'actuelle F2007 rivale de Maranello.
"Ce grand couteau qui nous taille une veine"
Jeudi, le Conseil mondial de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) pourrait exclure l'écurie de Woking des championnats du monde Constructeurs 2007 ET 2008. Pedro de la Rosa, pilote-essayeur, aurait échangé au moins un mail avec son compatriote espagnol Fernando Alonso sur des secrets de réglages de la Ferrari. La FIA aurait de quoi sévir... Le 31 août, dans une missive, elle a pressé les pilotes McLaren d'avouer ce qu'ils pourraient encore cacher, contre l'assurance de ne pas les sanctionner personnellement.
Pour Ron Dennis, l'impossibilité de marquer des points en 2007 et 2008 serait une catastrophe financière. En effet, les équipes touchent des droits télé sur la base de leur position finale au championnat Constructeurs. Pour les meilleures, des dizaines de millions d'euros sont en jeu. Un manque à gagner qui pourrait offrir un levier à son partenaire Mercedes, à qui il ne manque que 11% de part dans l'écurie pour devenir majoritaire... La rumeur circule : le nom de McLaren apparu en F1 en 1966 pourrait s'effacer en 2008, devant celui de Mercedes.
Dimanche, Hamilton a confié sa réelle crainte. "Je pourrais voir s'échapper tout ce pour quoi j'ai travaillé, moi et l'équipe", a lâché le Britannique, au micro de la chaine anglaise ITV. "Et quant j'y pense vraiment, je me dis 'Whaou !' Je pourrais perdre mon job le week-end prochain (Grand Prix de Belgique, les 14, 15 et 16 septembre). Et après, qu'adviendra-t-il ? Ça se passait tellement bien jusqu'à présent. Là, on a ce grand couteau qui nous taille une veine."
"Je n'aurais jamais pensé que je pourrais un jour détester quelque chose en Formule 1, mais les politiques et les gens qui veulent devenir plus importants que les autres, c'est tout simplement incroyable", a poursuivi le leader du championnat, désormais talonné par Alonso, à trois longueurs. "Je voudrais ajouter que Ron [Dennis] a été très, très loyal envers moi, il m'a toujours donné ma chance et il s'est toujours comporté en grand monsieur avec moi. Je n'ai jamais eu de raison de ne pas le croire. Il traverse un moment difficile, des gens essaient de le compromettre, et le temps est venu pour moi de le soutenir. Ce serait génial de gagner les championnats Constructeurs et Pilotes, juste pour montrer ça."
Dimanche, Hamilton a tout fait pour resserrer les liens dans l'équipe, adressant une tape amicale dans le dos d'Alonso, qui descendait de sa voiture. L'Espagnol s'est senti un peu obligé, mais il a ensuite pris l'initiative de quelques propos décontractés. Néanmoins, il a tenu ses distances avec l'équipe, parlant surtout de lui à l'arrivée. "C'est un week-end parfait pour moi" , a-t-il résumé...





